- Je connais une femme. Elle envoute.
Elle avait encore des phrases désordonnées qui coulais de sa bouche tel du poison. La vieille femme la regarda tendrement, l'incitant à continuer son récit.
- Je connais une Femme. Elle est belle. Elle envoute les gens. Elle les endors des fois, ça les soignes des fois, et d'autre non.
- C'est un docteur, hein ma chérie?
- Oh non. C'est une femme. Au cheveux rouge comme le feu. Ses cheveux ont l'air si chaux, j'aimerais les toucher.
- Elle porte une blouse blanche?
- Oh non. Elle ne porte pas de vêtements. Les vêtements l'habille. Ce n'est pas pareil. Elle est belle, souvent en noir. Des fois en rouge, ou en violet. Elle dit que ce sont la couleurs des fées. C'est une fée.
- Où se trouves-t-elle?
- Partout, elle envoute. Elle attire les papillons, car c'est une fée.
- Tu es sûre que ce soit une fée?
- Non. Plutôt une Muse. Car après avoir envouté les gens, ceux ci se mettent à écrire. A écrire rudement bien pour leurs pauvre niveau.
- Mais toi aussi tu écrit très bien pour ton âge. tu l'as rencontrée?
- Non, moi ma Muse, comme je vous l'ai déjà dit, est verte. Verte, ou plutôt Absinthe. C'est un Homme. Grand et fort, hérétique, lui aussi.
- Mais alors, comment l'as-tu rencontré?
- Parce qu'elle se répand partout. Elle touche trop de monde. Elle se displache en petit morceau en restant elle même, si belle.
- Cela me dit pas comment...
- Je connais une femme. Elle envoute...
La pédopsychiatre regarda la personne qui lui faisait face. Ce n'était plus une enfant. mais une femme envoutante. Les cheveux de la petite fille, se souvint-elle, était rouge.
- Mais alors...
- Je ne suis plus une enfant depuis longtemps, Dr. Mais j'avais envie de vous revoir. Pourquoi de la petite fille que j'étais, si seule et heureuse de l'être, suis-je devenue cette Muse adulée?
- Parce que tu envoute. On vois tes ailes dans ton dos. On voit l'enfer dans tes yeux. On voit la luxure sur ta bouche et la gentillesse dans tes gestes. Tu envoute.
- Alors je resterais leurs Muse, s'il ne peux en être autrement. Mais moi, je n'aime toujours que lui.
- Oh, et a-t-il enfin un nom?
- Oui, mais c'est un nom secret. Vous comprendrez.
- Oui, bien sûr. Alors ton prince, celui de tes rêves cauchemardesque et enfin près de toi, j'en suis ravi.
- Oui, ce prince terrifiant et beau. Je l'ai trouvée. Merci de m'avoir écoutée.
- J'ai toujours été là pour toi, ma chérie. Je vois que tu es plus douce en geste, mais tellement plus cruelle en regard.
- Oui, je n'ai plus besoin que de mes mots et de mes yeux pour briser un être.
- Tu es devenu le monstre que tu rêvais d'être.
- Oui, mais ils ne voient en moi qu'un être merveilleux.
- Alors fais ce qui conviens de faire.
- Etre leurs Muse, puis les briser. Quand ils auront perdu leurs
raison de vivre.
- Adieu ou au revoir?
- Personne ne peux le savoir, Dr.
La jeune femme disparu, laissant la pédopsychiatre lessivé mais heureuse. Le charme de cette enfant n'avais jamais marché sur elle, c'était surement pour cela qu'elle était revenu vers elle. Et cette couleur de cheveux, si rouge. Elle avait encore empiré. Comme ci ses cheveux prenait feux. Tendrement mais surement.
Elle était devenu un être plus dangereux que son propre rêve. Et elle, elle étais fière de sa patiente.
-Chut... dit alors la jeune femme
et tous se turent.